La résistance aux invasions des aménagements de berge

 

La présence d’espèces végétales exotiques envahissantes est souvent reliée à l’intensité des activités humaines. Les aménagements de berges nécessitant très souvent des terrassements et l’intervention d’engins de chantier, on peut supposer qu’ils ont tous été soumis à un niveau de perturbation d’intensité comparable et à des expositions aux propagules équivalentes.

Berge en enrochements envahie par la renouée du Japon. © Léon Ducasse.

Les chercheurs d’Irstea ont ainsi regardé si toutes les techniques d’aménagement de berge étaient colonisées de la même façon par les espèces exotiques envahissantes. Ils ont trouvé que tous les types d’ouvrages hébergeaient un nombre moyen de plantes exotiques envahissantes équivalent.

En revanche, et comme l’illustre cette photo, ces chercheurs ont constaté que la fréquence de rencontre des espèces exotiques envahissantes était significativement plus importante sur les ouvrages issus du génie civil (enrochements) que sur les autres types d’ouvrage, qu’il s’agisse d’ouvrages de génie végétal pur ou de techniques mixtes. Les espèces exotiques envahissantes ont ainsi un recouvrement plus important sur les enrochements que sur les techniques végétales.

Ce résultat peut s’expliquer par deux mécanismes :

  • Les plantes exotiques envahissantes recensées sont caractérisées par une forte croissance qui leur donne un avantage compétitif dans les milieux pionniers. Les plantes exotiques envahissantes trouvées sur les ouvrages issus du génie civil (dénué initialement de toute végétation) ont ainsi trouvé un terrain propice pour exprimer leur potentiel invasif.
  • Il a également été démontré que l’abondance relative des plantes exotiques envahissantes pouvait s’expliquer par les interactions biotiques, notamment par les interactions de compétition. La présence d’espèces compétitrices sur les ouvrages de génie végétal – telles que les espèces de saule dont la dynamique de croissance est forte limite la vigueur et la propagation des espèces exotiques envahissantes présentes.

Dans le cas des berges aménagées par des techniques de génie végétal, il est probable que la forte densité de boutures de saules limite le développement des espèces exotiques envahissantes.

Pour aller plus loin

Cavaillé, P., F. Dommanget, N. Daumergue, G. Loucougaray, T. Spiegelberger, E. Tabacchi and A. Evette (2013). Biodiversity assessment following a naturality gradient of riverbank protection structures in French prealps rivers. Ecological Engineering 53(0): 23-30.

Evette, A. et P. Cavaillé (2011). Aménager les berges : vive le génie végétal. Espaces Naturels 34: 37-38.